Une profession en tension
Les fermetures de pharmacies liées à un manque de personnel se multiplient en France, en particulier dans les zones rurales et périurbaines. Le phénomène reste difficile à quantifier avec précision, faute de recensement national distinguant clairement les fermetures pour cause de personnel des cessations d'activité pour raisons économiques ou de départ à la retraite. Les ordres régionaux et les syndicats de la profession signalent toutefois une aggravation continue depuis plusieurs années.
La cause principale est démographique. Une part importante des pharmaciens d'officine approche de l'âge de la retraite, et les candidats à la reprise ou au salariat sont moins nombreux que les postes à pourvoir. Les préparateurs en pharmacie, dont le diplôme ouvre à des fonctions techniques de délivrance, sont également recherchés, avec des tensions particulièrement fortes dans certaines régions.
Ce que change une fermeture pour les habitants
La disparition d'une officine modifie l'accès aux médicaments et aux conseils de santé de proximité. Les patients doivent se rendre dans une commune voisine, ce qui suppose un moyen de transport et un temps de trajet supplémentaire. Ce report pèse davantage sur les personnes âgées, les foyers sans véhicule et les habitants des territoires peu desservis par les transports collectifs.
La fermeture a aussi un effet sur les autres professionnels de santé. Les médecins généralistes voient parfois leurs patients se tourner vers eux pour des demandes qui relevaient du pharmacien, et les officines restantes absorbent une patientèle plus large, avec des files d'attente et des délais de délivrance plus longs. Les médicaments nécessitant une préparation ou un suivi particulier, comme certains traitements chroniques, sont plus difficiles à organiser à distance.
Les adaptations possibles
Plusieurs réponses sont mises en œuvre localement. Le regroupement de deux officines en une seule structure permet de maintenir une présence sur un territoire tout en mutualisant le personnel. Le développement de la vente en ligne et de la préparation de commandes à retirer sur place allège une partie de la charge de comptoir, mais ne remplace pas l'acte de conseil. Plus de détails sur Redlemons.
Certaines officines recourent à des dispositions permettant au pharmacien de déléguer davantage de tâches, ou embauchent des personnels formés en interne. Ces solutions restent inégales selon la taille de la structure : une officine isolée dispose de moins de marges de manœuvre qu'un groupe implanté sur plusieurs sites.
Ce qu'il faut vérifier avant de compter sur une officine
Pour les habitants d'un secteur concerné, quelques points méritent attention. Les horaires des officines restantes sont souvent élargis, mais les gardes de nuit et de week-end sont réorganisées et peuvent imposer des déplacements plus longs. Il est utile de vérifier à l'avance l'officine de garde plutôt que de se fier à une habitude ancienne.
- Vérifier si l'ordonnance peut être transmise à une pharmacie plus éloignée sans rupture de traitement.
- Se renseigner sur les modalités de livraison à domicile proposées par certaines officines.
- Anticiper le renouvellement des traitements chroniques pour éviter les délais.
Les dispositifs d'aide à l'installation de pharmaciens dans les zones sous-dotées existent, mais leur effet reste limité par le nombre de candidats disponibles. La fermeture d'une officine n'est donc pas toujours définitive, mais la réouverture dépend de la capacité à attirer un titulaire et une équipe, ce qui reste l'obstacle principal.